LE BAVARD

 

 

 

Je suis un bavard

Le silence m’angoisse

J’érige ma phrase

Aiguisée telle un dard

 

Je comble l’espace

Et m’approprie le temps

Qu’il soit mort où vivant

Car sa pause m’agace

 

Je jette mon dévolu

Parfois dans l’esquive

Souvent invective

En termes de mon cru

 

Dans le doute, je surfe

Et du vague , je saute

D’un sujet à l’autre

Secondé par le bluff

 

En marathonien

Jamais ne faiblis

Mon verbe se remplit

Même à partir de rien

 

J’ai vendu mon âme

Sans débat au prix fort

Je suis de tous les bords

Attiré par les armes

J’ai perdu ma Dame

J’ai perdu tout l’amour

Les caresses des beaux jours

Près d’un bois de Paname

 

Parce que je m’exhibe

En désespoir de confidence

Masqué par l’assurance

Aux semblants d’être libre

 

En fin de parcours

Excédé par mes mots

A mes discours d’assaut

Les gens sont devenus sourds

 

[ Je croyais que] dans toutes les maisons

Les cavernes d’hier

Près d’un feu en hiver

On connaîtrait mon nom

 

J’ai peur de la mort

J’ai peur de descendre

Au service après-vente

Eloigné de mon corps

 

J’étais un bavard

Le silence m’angoisse

J’ai peur d’une phrase

D’une larme sur le tard

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